
Histoire du heavy metal
Le heavy metal naît à la fin des années soixante d'une radicalisation du blues rock britannique. Le processus est graduel, et lui assigner une date de naissance unique relève de la convention plus que de l'histoire.
Origines
Trois groupes britanniques posent les éléments du genre entre 1968 et 1971. Led Zeppelin importe la lourdeur du riff et l'amplification du blues. Deep Purple apporte la virtuosité et l'orgue saturé. Black Sabbath fournit la couleur qui manquait : les accords en triton, les tempos lents, les textes sombres. Le premier album de ce dernier, publié un vendredi 13 de février 1970, est généralement retenu comme le point de départ du genre.
Nouvelle vague britannique
La fin des années soixante-dix voit apparaître en Angleterre une seconde génération, désignée sous le nom de New Wave of British Heavy Metal. Iron Maiden, Def Leppard, Saxon et Diamond Head accélèrent les tempos, abandonnent le blues au profit de mélodies doubles à la guitare, et empruntent au punk son énergie et son mode de production indépendant. Ce mouvement fournit la matrice de presque tout ce qui suivra.
Thrash et extrême
La Californie du début des années quatre-vingt en tire le thrash metal, plus rapide et plus sec, avec Metallica, Slayer, Megadeth et Anthrax. La décennie suivante pousse plus loin dans deux directions : le death metal, en Floride puis en Suède, avec ses voix gutturales et ses structures complexes, et le black metal norvégien, à la production volontairement dégradée. Ces sous-genres s'éloignent définitivement du public généraliste.
Années quatre-vingt-dix
Le succès du grunge marginalise le metal des grandes maisons de disques, sans l'interrompre. Le genre se ramifie hors des États-Unis et du Royaume-Uni : metal symphonique aux Pays-Bas et en Finlande, power metal en Allemagne, metal progressif partout. Le nu metal ramène un temps le genre au sommet des ventes en y mêlant hip-hop et musique industrielle.
Situation actuelle
Le metal survit sans radios ni grands médias, porté par un réseau de festivals et un public dont la fidélité dépasse largement la moyenne des musiques populaires. Sa géographie s'est déplacée : la Finlande compte le plus de groupes par habitant au monde, et l'Amérique latine et l'Asie du Sud-Est fournissent désormais une part importante des scènes actives.