
Guitare et son
Le son du metal ne tient pas seulement au volume. Il résulte d'une chaîne de choix précis, de l'accordage à l'enregistrement, dont chacun modifie le résultat plus que le suivant.
Accordages
Le heavy metal classique reste en accordage standard ou descendu d'un demi ton. Le thrash descend souvent d'un ton, le death metal de deux ou trois. Le drop D abaisse la seule corde grave d'un ton, ce qui permet de jouer les quintes d'un seul doigt et donne le son caractéristique d'une grande part du metal moderne. Les guitares à sept ou huit cordes, apparues dans les années quatre-vingt-dix, étendent le registre vers le grave sans détendre les cordes existantes.
Riffs
Le riff repose sur trois techniques. Le palm mute, paume posée près du chevalet, produit l'attaque sèche et percussive de la corde grave. Le power chord, quinte sans tierce, reste consonant même très saturé, ce qu'un accord complet ne fait pas. Le trémolo, aller-retour rapide du médiator sur une note, fournit le tapis continu du black metal. Le triton, intervalle de trois tons, donne la tension caractéristique du genre depuis Black Sabbath.
Amplification
La saturation ne vient pas d'une pédale mais du préampli à lampes poussé dans ses limites, doublé d'un baffle à haut-parleurs de douze pouces. Les modèles de référence sont peu nombreux et connus de tous les guitaristes du genre. La prise de son se fait au micro dynamique placé contre la membrane, légèrement décentré, position qui détermine l'équilibre entre médiums et aigus plus que n'importe quel réglage d'égalisation ultérieur.
Modélisation
Les simulateurs numériques et les réponses impulsionnelles de baffles ont largement remplacé les amplis en studio depuis les années deux mille dix. Ils permettent de reproduire exactement le même son d'une session à l'autre et sur scène, avantage décisif en tournée. La question de la différence audible avec un ampli réel reste discutée entre praticiens ; celle de la commodité ne l'est plus.
Production
Le metal moderne empile plusieurs prises de guitare rythmique panoramiquées à gauche et à droite, technique dite du doublage, qui élargit le son sans en augmenter le volume. La grosse caisse est renforcée par un échantillon pour rester audible sous les guitares. Ce traitement, très codifié, explique l'homogénéité sonore d'une grande part des productions du genre depuis vingt ans.